Fanny – Viaggio verticale

 

Emanuele Poeta (Trad. Daniel Scott Parker)

 

Cavalli nella notte saturnale – Una bruna visione all’incomincio di baldoria – E disordine a cadere verticale – Rituali alcoolici e vagabondaggi lunari – Immensa gozzoviglia orfica – Ecco una ninfa – Una ninfomane – Hop hop! Balla! Balla pupetta bella! Il movimento perpetuo dell’universo – Io il tuo Sacro Selvaggio – Non fermarti! Segui il gran tamburo! Bum bum bum! Come tuono di cielo gravido – Minaccia d’uccelli – L’insensato battito d’ali – Ed io il tuo Corvo Cannibale – Danzante sulla tua carne lubrica – Andiamo! Dove non importa! Volteggiamo sotto la densa volta interstellare – Con ritmo! Ritmo! Smisuratezza! Sfiniamoci di vita – Qui ed ora – Ghignando alla bufera – Alla civetta urbana – Scandalosi giullari celesti – Ancora un bicchiere – Un altro ancora – Scoliamoci la vita – E in fondo all’oscurità per il gran banchetto finale –

Poi c’è soltanto il sonno d’aurora – E in esso l’annuncio di morte – Fanny! Inno alla salute! Fanny! Tutta una sfilata di presagi animaleschi – Segni – Coincidenze – Il mio viaggio personale – L’esplorazione entropica – La scomparsa d’una persona cara – Ho pianto – Pianto per lei e per me bambino – Per mia madre ormai orfana – Il resto un’escursione nello spazio-tempo – Verticalità luttuosa – La disperazione materna all’obitorio – Una bara d’ambra e dentro l’esile corpo adagiato – Gelido – Per sempre immobile – Qua il saltimbanco salace col suo bastone di danza – Epifania clownesca contro la solennità della morte – Dalla trance emerge un serpente ctonio – Sinuoso batte novantatré colpi di coda prima di farsi equino – La piccola Fanny Montaigne sul dorso d’un cavallo bianco nelle profondità marine – Fluttua e sorride cosmicamente – Col suo abito da cerimonia – E il foulard floreale nelle correnti d’oceano – Fanny! Vecchia Madre! Io t’accompagno nell’oltremare del tuo rollio infinito –

Fanny – Vertical Journey

 

Horses in the saturnalian night – Brown vision at the beginning of revelry – And disorder for the vertical falling – Alcoholic rituals and lunar wanderings – Immense orphic debauchery – Behold a nymph – A nymphomaniac – Hop hop! Dance! Dance beautiful puppet! The perpetual movement of the universe – I your Sacred Savage – Don’t stop! Follow the great drum! Bum bum bum! Like the thunder of pregnant skies – Threat of birds – Senseless beating of wings – And I your Raven Cannibal – Dance on your lewd flesh – Come on! Where it doesn’t matter! Let’s circle under the dense interstellar vault – With rhythm! Rhythm! Boundlessness! Where we will exhaust this life – Here and now – Ridiculing the storm – The urban owl – Scandalous celestial jesters – Another glass – Another still – Let’s drain this life – At the limits of obscurity for the grand and final banquet –

And then there is not but giving in to dawn – And in this the announcement of death – Fanny! Anthem to health! Fanny! Entire march of bestial foreboding – Omens – Coincidences – My own personal journey – The exploration of entropy – The passing of someone dear – I cried – Cried for her and for my child self – For my mother now an orphan – The rest an excursion in space-time – Mournful verticality – The maternal despair at the morgue – An amber coffin and inside the frail corpse lain down – Ice cold – Forever immobile – Here the salacious acrobat with his dancing baton – Clownish epiphany against the solemnity of death – From the dance emerges a cthonian serpent – Sinuous it strikes ninety-three blows with its tail to become more equine – The little Fanny Montaigne on the back of a white horse in the marine depths – Floating and smiling cosmically – With her ceremonial dress – And her floral shawl in the ocean’s currents – Fanny! Old mother! I am with you in the ultramarine of your infinite roll –

 

 

Aube Noire – Sebastien Lereverend

 

Dans la chambre sainte qui ne me disait rien,

je chaussais par le trou de bête la possibilité du primitif,

et pour y retourner marcher j’ai posé un mot à l’entrée

que mon imagination marchande avec dehors.

 

Sorti traîner dans ta ville, la main soudée aux idées rondes,

le voyage formé repassera reprendre sa place à ma tête,

échangé au pouvoir, étranger du fourgon, qui livre la vertu

grisée des bienfaits que la liberté opère d’idées bien nourries.

 

Parmi les dieux qui respirent, les hiérarchies apprises soulèvent les nerfs.

Tandis que vierge et nue allègrement la terre mange sa blessure d’homme.

 

Je gueule sur le passant en lui cachant de moi que je suis ailleurs.

A rebours, hissé au fond par la trique dans l’ombre rayé de temps,

quand le chantier intérieur aboie son silence,

l’autre versant où tu te fais remplit sa mémoire.

 

Carré dans un coin dans le boudoir ressuscité,

aux âges d’une saison où je tombe par surprise,

dans ma poche, une direction, qui ouvre au plus sombre une porte où tout se ressemble.

Comblé de liens par la pensée qui se tisse d’elle même, cherchant matière vivante du cri de cet infini,

de l’arbre je remonte en penchant pour ses racines.

 

Je voudrais être au plus simple cousu, en suspension, passer comme le sens sur l’élément.

 

Eh ! Vous auriez une minute ! Je vous la rendrais !

 

Nuit de Cène

 

 

Son dos était tiède. Une fumée de vie, rentrât alors par mes narines.

Nous courûmes le long de la colline, comme deux enfants possédés par des éclats de rire et d’adrénaline. Le sourire tiré, grand-ouvert, laissant entrevoir les dents blanches et nues, nos bras à l’horizon dans une ligne droite qui allait du ciel à la terre, alors que nos jambes suivaient le rythme de l’herbe sous nos pieds.

– Tu vas où ?

– Tu sais pas ? La voie lactée ! Vers la voie lactée, mon enfant !

 

Soupirs de plus en plus longs car j’augmentai le pas, la course, l’ascension au ciel noir, étoilé de la nuit.

– Nuit d’ivresse,  je criais.

– Finalement ! Vers le noir en éclats de lumière ! Petits pois sur nos yeux, figés comme des aguilles, tremblants aux bouillonnements de nos pieds.

 

– C’est le grand char, que je veux, je veux prendre le grand char. Un tour au ciel, parmi les étoiles. Que est-ce que c’est beau ! Tu sais ? Avance, cour, avance, suis-moi, avançons, comme des oiseaux maintenait, légers, dans l’air de safran, voilée de sucre. Saute, je lui dis ! saute !

Nous sommes le char maintenant. Aucune question ! Regarde ! N’est-il pas merveilleux ?

Souffle sur la lumière de milliers d’années, n’est pas morte, ton souffle vit. Souffle d’enfant que t’es maintenant. Souffle. L’étoile n’est pas morte. File maintenant, elle a une longue queue. Attrape-là ! Vas-y ! Monte !

 

Son dos était tiède. Une haleine de vie rentrât alors par mes narines ! Par les siennes.

– Que-est ce que tu montres du doigt ? C’est quoi ?

– La lune, mon enfant ! Grande, ronde, pleine, sensuelle aux yeux de braise nous attendait en ouvrant sa bouche, nous appelant vers l’oubli de sa bouche, vers la nuit de sa bouche. Oh lune !

 

Saute ! saute ! sur ses lèvres humides et tendres. Attrape sa langue. Que-est ce que tu dis ?

Attrape sa langue, je te dis !

Surmâle le soleil, surfemme la lune, ce n’est pas de ses rayons ma lumières ni des étoiles. Mais du feu caché derrière mes yeux sombrés. L’humain que j’incarne n’est qu’un passage d’extase, brève apparition d’un abyme des plus sombres. Silences. Silence. Traits d’unions entre moi et les étoiles. Mots étoiles sur ma langue, étalés sur mon cou rond de grincement contre le ? quoi ?

Soleil. Tiré du trou de la nuit. De l’autre côté de la terre. Effort surhumain. Pour un rayon. S’apparentaient mes bras et mes mains. Un rayon. Droit sur les yeux de la lune. Amour ?

Puis-je t’embrasser ? Dormir sur tes lèvres une nuit ? qu’une nuit ? Embrasse-moi. Restons chauds avant de nous étourdir du jour. T’avance dans ta danse ? Dansons mon amour sur le front de la lune, rien, cette nuit de cène, rien d’autre que cette nuit de cène.

Un cri épouvanté, révolution d’enfant, encore mes jambes tremblent. Je tombe ! Non, je danse, caracolant sur la lumière qu’encore j’étire pour me dresser, débout, verticale rien de ces nuits est à perdre un effort surhumain se relever se dresser à nouveau, reprendre ses pas. T’es où ?

Disparu. Suis seule. Qu’une larme lointaine me coule du ciel jusqu’à la terre. Suis revenue. Rien n’est sûr maintenant. Les pieds par terre. L’oubli du ciel. Parti. Dors. Maintenant. Tu rêves ? No, suis réveillée, je ne rêve pas. T’es où ? Disparu. Parti ! Abandonnée ?

Je dessine mes jambes d’un trait des mots. Sauront me soutenir ?

C’est le rythme qui m’emporte. Ce boum boum de tambours. J’écrase le sol, j’écrase les raisins, je tape des bras les raisins, la raison je l’étourdis. Un instant. Je bois ce que j’écrase , je m’en ivre, je m’en fiche ! Boum boum. Suis morte ?

Suis là, mon enfant. Le soleil à l’horizon, sa chevelure brunie, la brume fraiche sur mes yeux. Je te vois, je te suis, est-ce là l’aube ?

L’aube embaumée de chants, sauterelles aux mains, je la prends. Nous sommes sauvés, ivres de vie, encore demain cette nuit s’enchante comme nous, partis de la terre. Nous encore, la vie, cherchâmes. C’était une femme, l’œil de chat qui nous indiquait le chemin. Encore. La route ! Les bras ouverts, elle nous suggérait le chemin !

Nous avançâmes, avançâmes car tout était à prendre ! La vie était à prendre !

– C’est à nous maintenant le voyage! C’est à toi ! je lui dis.

– Avançons, vers une autre nuit, vers un autre oubli, vers une autre ivresse !

Flora Botta

Untitled

 

 

In a dream I am John Kennedy actually. But we are all actors breaking to the surface of wakefulness waiting for spring & the scissoring of water. This memory is delicate as the bones of a moth are shuddering like switchblades toward the immense light of the poem. Sofia Zamoyska, I wake up aching with your name beating at my brain. I am

trying to learn the meaning of a doorway, where time is perilous & swimming in a way that I’m not sure of. My skin becomes a mirror shimmering into lines & lilac evening, &

the ending is supposed to be. 

Untitled II

 

 

For the moment it is Wednesday & where I am is aching with the old dog of history, confused as water & the various forms of silence. Much like last night a girl comes pirouetting into commas & the sea a self-portrait of blue. September has shifted in the face of the present & shivering gracefully. A bend of lilies shines fiercely as the crown of an elephant in the doorway of Janus that crumbles the memory to calcium. Sofia Zamoyska, I have failed to save you. A window holds the memory of a face for only so long, & clinging to the image, I leave you to the others. 

 

 

 

Tropicana

 

 

Una lampada adunca illumina i nostri volti in tensione perenne – È in quel momento che la Vale afferma “Ecco la vita bianca!” – Non è della luce che sta parlando – Ma della notte – L’incomincio della notte – Di una nuova notte bianca – La vita bianca come la chiama lei – Dice che prima o poi scriverà un romanzo notturno e che quello sarà il titolo: La Vita Bianca – Un’antitesi a prima vista – “No Poeta! Nero e bianco sono fratelli – Hanno sangue comune” – Non ho niente da controbattere – Soprattutto perché ho un bisogno schifo di bere – Discutere adesso non è proprio la mia priorità – Mi alzo per cercare del vino  –  Sulla strada per la cucina il nostro teatro  –  Il tropico nero  –  La vita bianca e il tropico nero – La vita bianca al tropico nero – Bianco e nero – Bianco e nero sono gransangunei no? Al buio prendo quel che trovo – Poi giro i tacchi per riattraversare il viale d’oscure palme immaginarie  –  Gran scenario esotico – Selvaggio e misterico – E sono di nuovo alla luce – Una luce artificiale – La Vale è là che armeggia coi suoi collages e le sue maschere animalesche – Le verso da bere e col bicchiere in mano riprendo la scrittura – Silenzio tra di noi – Un silenzio pregno di corrispondenze – Segni e rimandi – Ci siamo senza esserci – Qui ed ora! Nell’unicità dell’attimo – Bevendo – Creando – Rendendo onore alla vita – Alle nostre spalle l’inesplorata scena tropicale – È là dentro che volontariamente ci perdiamo entrambi – In quell’ignoto spazio che a me rimanda ai cabarets de L’Avana prima che Cuba Venegas li faccia vibrare – E alla Vale evoca non so bene cosa ma poi invece sì perché d’improvviso spezza il suo affacendato silenzio per esclamare “L’insolente allegria di Zarathustra! Un motel nel deserto!  Nuotate di mezzanotte!” –

 

 

Emanuele Poeta